
CD, MP3, AAC, WMA,…
Deux tests pour une réponse incontestable !Le 10 septembre dernier, un panel de 15 personnes principalement des blogueurs, musiciens, amateurs de musique classique, audiophiles ou mélomanes, étaient conviées à comparer 6 formats différents (mp3 320 kbps, AAC 192 kbps et 320 kbps d’Apple, WMA 192 kbps et 320 kbps de Microsoft, et CD) dans un prestigieux studio professionnel parisien. Quatre extraits musicaux représentatifs des différentes couleurs de la musique classique (piano, chant, violon, orchestre et chœur) étaient proposés à l’écoute dans ces différents formats afin de vérifier les performances musicales de ces formats pour des univers sonores variés.
A préciser : L’ensemble de ces fichiers hormis le CD étaient soigneusement préparés à partir du master lui-même, suivant le procédé actuellement utilisé et largement éprouvé par MusiClassics.
«C’est extrêmement difficile…». Cette petite phrase, commune à l’ensemble des testeurs à l’issue de leur séance d’écoute résume bien les résultats «mathématiques» obtenus (cf. résultats détaillés présentés plus loin). En effet, et malgré l’écoute sur un équipement professionnel très neutre et extrêmement «analytique», dont aucun particulier ne serait en mesure de se doter pour son utilisation personnelle, les différences apparaissent si ténues que le CD se retrouve derrière les formats AAC et WMA dans les formats de compression présentés. En fait paradoxalement, ces formats semblent légèrement «sublimer» la musicalité des morceaux écoutés, tout en restant très difficilement discernables du format CD. Seul le MP3 revêt le «bonnet d’âne», en étant clairement relégué en queue de peloton comme «appauvrissant la richesse harmonique de la musique».
N.B. Il est important d’observer au passage que le format «sans perte» CD (WAV, ou encore sans perte -lossless) est déjà le fruit d’un certain appauvrissement (on passe d’un échantillonnage de 24 bits à 96khz de l’enregistrement de studio à 16 bits à 44.1khz pour le CD, divisant la précision de l’information par un facteur supérieur à 3). Par ailleurs, il est notoire que dans les milieux spécialisés on considère que même le format «studio master 24 bits» est discriminable du son naturel pour une oreille suffisamment exercée. Cela implique que le format prétendument «sans perte» est lui-même relativement éloigné du son naturel que l’on entendrait en «live», et qu’il n’est donc pas dépositaire d’une quelconque «vérité absolue» sur le plan acoustique.
Les modalités de ce 2ème test : Afin d’aller encore plus loin, MusiClassics a ensuite ouvert gratuitement au public le test en téléchargement sur son site. Il s’agissait de simplement identifier le meilleur format (le format CD dans l’inconscient collectif) parmi les 6 propositions pour chacun des 4 extraits. Du simple casque relié à l’ordinateur, à la chaîne hi-fi, chaque participant utilisait ici son propre environnement et son propre rythme pour l’évaluation des différents formats.
Le jeu-test est disponible sur le site, jouez-y à votre tour !
Après avoir récolté suffisamment de réponses pour un traitement statistique pertinent (108 réponses supplémentaires pour les tableaux en annexe), il apparaît qu’aucun des formats n’est clairement différentiable à l’oreille à tel point que les résultats du test sont à peu près identiques à un jeu de pur hasard. En d’autres termes, CD, MP3, WMA, WMA et ce dans les niveaux de compression proposées sont totalement indifférentiables à l’oreille… Moins de 3% des participants ont trouvé 3 ou 4 résultats exacts !
A l’heure du tout numérique, il est réjouissant de constater qu’après une période de tâtonnement dans la phase de jeunesse du téléchargement par Internet, le plaisir de l’écoute et le rendu musical apparaissent désormais comme pleinement préservés. Avec de «bons» formats (en particulier WMA 320 ou AAC 320), les téléchargements n’offrent aucune différence de son palpable par rapport aux CDs.
Ainsi, l’accès à ces gigantesques collections d’enregistrements depuis longtemps introuvables, l’ergonomie, la transportabilité et la facilité d’utilisation offertes par ce nouveau mode de consommation pourront vraisemblablement redonner l’envie aux amateurs d’acheter à nouveau de la musique. Par l’élargissement de l’horizon de la diffusion et du partage à la clé, la musique, c’est sûr, est promise à un bel avenir.
Fidèles à nos recommandations déjà exprimées dans les colonnes de notre site (voir en particulier l’interview de Jean-Marie Piel, membre éminent de notre Comité artistique), nous conseillons aux internautes de porter leur attention à la qualité des composants de leur chaîne hi-fi et tout particulièrement à la liaison ordinateur - chaîne, plutôt que de se focaliser sur ce qui se révèle être un facteur de 2nd voire de 3e ordre, à savoir la présence ou non de compression des fichiers téléchargés.
Le jeu-test est toujours disponible sur le site, jouez aussi à votre tour !
© musiclassics
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