
MusiClassics vous propose d’écouter en streaming et de télécharger le style Chambre -
La pratique de la musique domestique remonte aux débuts de l’humanité, mais on nous autorisera à la commencer avec Johann Sebastian Bach. Il consacra deux cahiers fondateurs pour l’histoire de la musique à des instruments à cordes traités en solistes : les six « Sonates et Partitas pour violon » et les six « Suites pour violoncelle » – ces dernières s’appropriant un instrument qui venait d’apparaître – sont des tours de force en ce qu’elles semblent nier la nature mélodique des instruments par une écriture contrapuntique. Cahiers géniaux dans l’ombre desquels on pourra aller chercher les plus modestes « Sonates pour viole de gambe et clavecin » ou les « Sonates pour clavecin et violon ». C’est aussi au violon que Biber destina son magnifique cycle des « Sonates du Rosaire ».
A Rome, Corelli fixa un modèle, celui de la sonate préclassique. Ses divers cahiers de sonates à trois (« Opus 1, 2 et 3 ») sont supplantés par son opus absolu : les douze « Sonates pour violon et basse continue op. 5 ». Une importante congrégation de musiciens suivra l’exemple de Corelli, son meilleur disciple restant Locatelli (« Sonates op. 6 »).
En France, François Couperin écrivit de profondes pièces de viole qui résument la grande tradition des violistes français illustrée avant lui par Marin Marais, Sainte-Colombe, Forqueray ou De Machy. Il laissa également de profuses sonates pour ensembles d’instruments dont les plus célèbres demeurent « L’Apothéose de Lully » et « L’Apothéose de Corelli », ainsi que de fastueux « Concerts royaux », complétés plus tard par les dix concerts des « Goûts réunis ». Une seconde floraison advint avec les nombreux cahiers de sonates et les inventives « Récréations de musique » de Jean-Marie Leclair, violoniste virtuose, puis surtout avec les brillantes « Pièces de clavecin en concert » de Rameau.
Le classicisme assiéra les grandes formes qui feront la fortune du genre : les nombreux quatuors laissés par Haydn (essayez « L’Alouette », puis tout l’« Opus 76 ») et ceux de Mozart (« Quatuors “Haydn” » – n° 14 à 19 – et « Quatuors “Prussiens” » – nos 21, 22, 23) sont le socle sur lequel Beethoven bâtira la grande arche de ses seize quatuors, repoussant, dans les derniers d’entre eux, les limites d’une forme dans laquelle il fait entrer une dimension symphonique (écoutez le « Quatuor n° 10 “Les Harpes” », le « Quatuor n° 11 “Serioso” » puis les « Opus 131, 132 et 136 »). Mozart a également laissé une importante série de sonates pour violon et piano, qui ne contient que des chefs-d’œuvre, et quelques trios, alors que Haydn illustrera ce genre avec une tout autre profusion (quarante-trois opus). Le jardin secret de la musique de chambre de Mozart sont probablement ses six « Quintettes à deux altos » et son « Quintette avec clarinette ». Aux cotés de ses quatuors, Beethoven écrira dix « Sonates pour violon et piano » toutes aussi narratives et fantaisistes que celles de Mozart (essayez la « 5e “Le Printemps” », la « 7e », la « 9e “A Kreutzer” » et la « 10e ») et composera le premier cycle de sonates pour violoncelle et piano (cinq sonates, toutes de première ordre, complétées par trois cahiers de variations). Il écrira aussi neuf « Trios pour piano et cordes » de première force, souvent de grande envergure (« Trio n° 5 “des Esprits” » et « Trio n° 7 “L’Archiduc” »).
Si Beethoven pensait à la salle de concert en écrivant ses partitions chambristes, Schubert les destinait au contraire à ses amis musiciens. Quelques chefs-d’œuvre absolus ponctuent cette production essentielle : la « Sonate Arpeggione », les deux « Trios avec piano », les « Quatuors nos 13, 14 et 15 », le « Quintette à deux violoncelles » et le « Quintette “La Truite” ». Carl Maria von Weber glorifia son instrument fétiche, la clarinette, dans un « Grand Duo concertant » puis un quintette splendide de poésie. Felix Mendelssohn allia romantisme et classicisme dans une splendide série de quatuors très aboutis, ainsi que deux trios et deux sonates pour violon et piano. Robert Schumann plongea le genre dans les affres du romantisme noir avec son fulgurant « Quintette pour piano et cordes », qui ne doit pas masquer ses trois « Quatuors », son « Quatuor avec piano », ses deux « Sonates pour violon », ses trois trios et quelques œuvres plus rares : le narratif « Andante et Variations », ainsi qu’un petit ensemble de pièces de fantaisie délicieusement poétiques : « Märchenbilder », « Romances », « Fantasiestücke », « Märchenerzählungen », qui font appel à des formations inusitées.
Mais le grand maître de la musique de chambre germanique fut Johannes Brahms, qui produisit une invraisemblable série de chefs-d’œuvre. Il faut connaître toutes ses partitions : les « Sonates pour alto (ou clarinette) et piano », les « Sonates pour violoncelle et piano », les trois « Quatuors à cordes », les trois « Quatuors avec piano », le grand « Quintette avec piano », le si lyrique « Quintette avec clarinette », les deux « Quintettes à cordes », les deux « Sextuors à cordes » forment un ensemble d’une cohérence et d’une inspiration qui atteint à la perfection.
Grieg écrira lui aussi un splendide « Quatuor », très dramatique, alors que Dvorak publiera pas moins de quatorze « Quatuors », un cycle, « Les Cyprès », pour cette même formations, deux « Quatuors avec piano », deux « Quintettes avec piano » immergés dans les idiomes populaires tchèques et un beau « Sextuor ». Smetana en resta à deux « Quatuors à cordes » très expressifs, dont Leos Janacek se souviendra lui aussi dans les deux siens. Niccolo Paganini revisita le répertoire pour violon solo avec ses « 24 Caprices », bréviaire des virtuoses.
En France, César Franck revivifia la tradition chambriste avec sa « Sonate pour violon et piano » et son grand « Quintette pour piano et cordes ». Eugène Ysaye, le dédicataire et créateur de la sonate de Franck, laissa un ensemble splendide de « Six Sonates pour violon seul ».
Gabriel Fauré produisit une œuvre chambriste d’une poésie absolue, dominée par les deux « Quatuors » et les deux « Quintettes avec piano », mais il faut aussi connaître les « Sonates pour violoncelle et piano », celles pour violon et piano, le grand « Trio pour piano et cordes op. 120 » et le « Quatuor à cordes » de la fin de la vie de l’auteur, où sont repoussées les limites de la tonalité. Saint-Saëns écrivit quelques très belles pages, plus classiques d’harmonie : ses « Sonates pour violon et piano » ainsi que celles pour violoncelle et piano, l’ensemble des pièces pour instruments à vent, les deux « Trios », les deux « Quatuors avec piano », le « Quintette avec piano » et l’étonnant « Septuor » valent le détour.
Enfants tardifs du franckisme, le « Concert » de Chausson, mais aussi son « Quatuor avec piano » ou son « Trio pour piano et cordes » sont marqués par un lyrisme tout réflexif. Debussy libérera la musique de chambre française de l’emprise de Franck avec son « Quatuor », mais plus encore avec ses trois sonates tardives (violon, piano ; violoncelle, piano ; flûte, harpe, alto). Maurice Ravel acclimatera sa poésie et son sens de la lumière dans un admirable « Quatuor » à la facture très classique, et dans un grand « Trio pour piano et cordes » surprenant d’invention rythmique ; c’est le jazz qui lui inspirera sa « Sonate pour violon et piano ».
A Vienne, Schoenberg initiera une nouvelle donne de la musique de chambre avec la version initiale, pour sextuor à cordes, de sa « Nuit transfigurée », puis avec ses cinq « Quatuors » (écoutez surtout le « 2e », avec soprano solo), ensemble auquel font écho les trois « Quatuors » de Zemlinsky (le « 1er », très postbrahmsien, est magnifique). Alban Berg donnera deux chefs-d’œuvre au quatuor : sa « Suite lyrique » et son « Opus 3 », quand Anton Webern écrira ses « Cinq Mouvements op. 5 », ses « Bagatelles op. 9 » et son « Quatuor op. 28 ». Bela Bartok portera le genre à son sommet au XXe siècle avec ses six « Quatuors » –avant que Dimitri Chostakovitch ne livre son journal secret dans ses quinze opus dédiés à cette formation –, laissant par ailleurs trois « Sonates pour violon et piano », une splendide « Sonate pour violon seul » ainsi qu’un assez symphonique « Quintette pour piano et cordes ». Olivier Messiaen marqua quant à lui l’après seconde guerre mondiale avec son « Quatuor pour la fin du temps ».
BARTOK Bela (1881 - 1945)
BEETHOVEN Ludwig van (1770 - 1827)
BRAHMS Johannes (1833 - 1897)
CHOSTAKOVITCH Dimitri (1906 - 1975)
DEBUSSY Claude (1862 - 1918)
FRANCK César (1822 - 1890)
HAYDN Franz Joseph (1732 - 1809)
MESSIAEN Olivier (1908 - 1992)
MOZART Wolfgang Amadeus (1756 - 1791)
RAVEL Maurice (1875 - 1937)
SCHOENBERG Arnold (1874 - 1951)
SCHUBERT Franz (1797 - 1828)
SCHUMANN Robert (1810 - 1856)
© musiclassics
Bonjour !
Ouvrez une session
ou
inscrivez-vous,
et accédez à vos services personnalisés…
Télécharger et écouter en streaming de la musique classique :
les avantages de MusiClassics.
Musique gratuite :
Après inscription, essayez nos services et profitez du site gratuitement et sans engagement !
Test configuration :
vérifiez votre configuration matérielle pour télécharger et écouter en ligne avec MusiClassics.