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Initiation à la musique classique : découvrir le style Classique - Présentation et oeuvres principalesClassique -

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Le style classique.

Naissance de la symphonie et définition des formes musicales.

Le style classique.
Le style classique.

Qui dit classique dit viennois. C’est à Vienne, entre Mozart et Haydn, que la symphonie, ce parangon du style classique, s’est élaborée, fruit des symphonies préromantiques de l’Ecole de Mannheim, signées Carl Philip Emanuel Bach ou Stamitz. Mozart et Haydn en conservèrent l’orchestre inventif mais en bannirent les bizarreries sentimentales. Mozart plus que Haydn, au demeurant : pour le premier l’éclaircissement de la forme, la recherche d’une certaine perfection font quasiment tout, comme le montre sa « 29e Symphonie ». Pourtant, l’expression mélodique de Mozart est si innée et si expressive dans sa simplicité que ses symphonies sont souvent des opéras déguisés : voyez la « 35e “ Haffner” », ou la « 38e “Prague” », sans parler de la célébrissime « 40e », dont le thème initial est sur toutes les lèvres. Mais l’ultime symphonie de Mozart, la « 41e “Jupiter” », est comme un météore lancé à l’assaut du futur. Son profil parfait expose toute la puissance sereine du classicisme, et toute son éloquence.
Avec Haydn, c’est autre chose. Il s’est donné le temps – cent quatre symphonies échelonnées sur la plus grande part de sa vie de compositeur, qui connut une belle longévité – de constituer comme une encyclopédie de l’évolution de la symphonie classique. La « 44e “Funèbre” » montre comment Haydn a fait son miel des influences de Mannheim, et ce tout au long de ses symphonies « Sturm und Drang » (« Tempête et Passion », mouvement essentiellement allemand, précurseur du romantisme). Les « Symphonie parisiennes » (n° 82 à 87) définissent un nouveau style, plus équilibré, mais qui fait souvent la part belle à l’humour voire à l’humeur (finale de la « Symphonie n° 82 “L’Ours” »). La « 88e Symphonie » composée en quelque sorte comme coda aux « Parisiennes », en résume tout l’esprit, et se présente comme une césure avant l’aventure des ultimes symphonies, portée à son zénith par les « Londoniennes », écrites pour la capitale anglaise (n° 95 à 104). Haydn y élabore un langage dont le jeune Beethoven déduira son univers. Il faut entendre tout particulièrement la « 99e » au finale étonnant, la « 94e “La Surprise” »), et la « 103e ».
Une source importante de la vitalité du classicisme réside dans la musique née de la Révolution française. Les meilleurs exemples se trouvent dans les symphonies de Gossec ou de Méhul. Beethoven ne fut pas sourd à cet art qu’il amalgama avec la science orchestrale de Haydn pour créer un style plus heurté, illustré par ses deux premières symphonies. Comment d’ailleurs démêler chez Beethoven le classicisme du romantisme ? Pas par la chronologie : si la « Pastorale » est romantique par son sujet comme par son traitement, la perfection formelle de la « 7e » sublime le concept même de classicisme. Il faut admettre un Beethoven double, qui ne basculera jamais complètement dans le romantisme. Tout ce que nous avons noté sur les symphonies vaut également pour les autres formes fixées : quatuor – Haydn et Mozart font ici jeu égal, cherchez chez le premier le « 67e Quatuor “L’Alouette” » ou ceux de l’« Opus 20 » (les « Sonnenquartette »), chez le second, les ultimes quatuors dits « Prussiens » (nos 21, 22 et 23) – , concerto – ici c’est Mozart qui domine, et surtout par les concertos pour piano. Il faut les connaître tous mais vous pouvez débuter par les « 17e », « 19e », « 22e » et « 24e », sans oublier le « 21e » à l’“Andante” si justement célèbre. Les quatuors et les concertos seront les autres terrains d’élection du classicisme, dont le romantisme se contentera d’augmenter les durées.
A l’opéra, le classicisme n’est au fond que le fait de Gluck : ni Mozart ni Haydn ne sont en leurs opéras classiques, ils sont déjà modernes même lorsqu’ils se retournent vers l’opéra baroque (aussi tard que « La Clémence de Titus » pour Mozart, l’année de sa mort, mais il faudrait ici évoquer la persistance d’un modèle, celui de l’« opera seria »). Pourtant, vouloir réduire Gluck à sa part indubitablement classique serait une erreur : « Alceste » ou « Orphée » sont aussi classiques par leurs coupes que romantiques par leurs expressivité. « Iphigénie en Tauride » ou « Armide » sont les enfants tardifs de la tragédie lyrique mais avant tout des tours de force dramaturgiques qui nous parlent aujourd’hui encore. Le classicisme, c’est la croisée des chemins.

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