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L’« Orfeo » de Monteverdi est en général considéré comme l’alpha de l’opéra, mais il faut surtout connaître « Le Couronnement de Poppée », malgré sa paternité douteuse. Autre sommet de l’opéra d’alors, « La Calisto » de Cavalli. Le grand développement de l’« opera seria » établira entre Venise, Vienne et Londres toute une théorie de compositeurs. On a récemment redécouvert les opéras de Vivaldi (« L’Olympiade », « Orlando furioso »), mais c’est Haendel qui remporte la palme de l’invention et de l’inspiration (« Rinaldo », « Alcina », « Ariodante », « Rodelinda », « Tamerlano », « Xerxes », et surtout « Giulio Cesare »).
En France, Lully créa de toutes pièces un genre, la tragédie lyrique : « Atys » reste son meilleur ouvrage. Mais ce sera Rameau qui portera le genre à son sommet avec « Hippolyte et Aricie », « Castor et Pollux » ou « Dardanus », créant par ailleurs un divertissement acide et irrésistible avec sa « Platée ». Gluck illustrera lui aussi le genre avec des œuvres d’une puissance d’impact considérable (« Iphigénie en Tauride », « Alceste », « Armide »), même si son œuvre la plus célèbre demeure son « Orfeo e Euridice ».
Mozart libérera la forme, créant des opéras aux finales enchaînés qui firent l’effet d’une bombe : sa trilogie d’après Da Ponte (« Les Noces de Figaro », « Cosi fan tutte », « Don Giovanni ») conservent les meilleurs exemples de cette nouvelle manière qui invente en quelque sorte l’opéra moderne, comme « La Flûte enchantée » fixera les canons du « Singspiel » offrant à la sphère germanique parmi les premiers exemples de l’opéra de langue allemande, avec tout d’abord « L’Enlèvement au sérail », puis l’œuvre bien plus radicale que reste justement « La Flûte enchantée ». Mais Mozart fut aussi un maître de l’« opera seria », comme le prouvent « Mithridate, roi du Pont » ou son ultime ouvrage, « La Clémence de Titus ». Après Mozart, Rossini reprit à son compte le premier bel canto initié par Haendel pour créer une foule d’ouvrages couvrant tous les genres : il faut connaître son « Barbier de Séville », sa « Cenerentola », sa « Semiramide », sa « Donna del lago », son pétulant « Turc en Italie » et son ravageur « Voyage à Reims », sans oublier le bijou absolu de l’opéra romantique que demeure « Guillaume Tell ».
Beethoven n’écrira qu’un opéra, « Fidelio », œuvre libertaire qui reste fidèle au canevas du « Singspiel » mais le transcende pourtant, alors que Weber résumera tout l’esprit allemand dans son « Freischütz ».
L’Italie assurera la plus grande production opératique du XIXe siècle : le nom de Donizetti reste indissolublement lié à « Lucia di Lammermoor » ou à « L’Elixir d’amour », alors que la trilogie de Bellini – « Norma », « La Somnambule », « Les Puritains » – renferme l’acmé du bel canto. Verdi viendra mettre son génie mélodique et sa griffe rythmique dans ce paysage, le modifiant à mesure : commencez par « La Traviata », « Le Trouvère », « Otello, « Aïda », « Falstaff », poursuivez par « Nabucco », « Un bal masqué », « Simon Boccanegra », « Rigoletto ».
Wagner réalisera la révolution totale de l’opéra avec son « Tristan et Isolde » et surtout sa Tétralogie, atteignant une puissance d’évocation éclatant les cadres de l’opéra romantique, qu’il avait illustré avec « Tannhäuser », « Lohengrin », ou « Le Vaisseau fantôme ». « Parsifal », son testament musical, reste un chef-d’œuvre à part. En France, le « Faust » de Gounod triomphe, éclipsant un peu sa « Mireille » ou son « Roméo et Juliette ». C’est pourtant « Carmen » qui s’imposa très vite au répertoire : l’ultime opéra de Bizet, porté par un orchestre faramineux d’inspiration, fut tout d’abord incompris avant de s’imposer comme la grande œuvre de son époque. Il ne faut pourtant pas négliger ses beaux « Pêcheurs de perles ». Après « Faust » et « Carmen », le troisième grand succès populaire de l’opéra français reste le « Werther » de Massenet, compositeur génial, qui libère l’opéra français avec des partitions aussi brillantes que touchantes : « Manon », « Thaïs » dissimulent les purs bijoux de fantaisie que sont « Chérubin » ou « Cendrillon ».
En Italie, Puccini délivre une œuvre qu’il serait passionnant de mettre en parallèle avec celle de Massenet : les deux auteurs sont célèbres pour leurs portraits de femmes. « Tosca » domine par son implacable structure dramatique un corpus qui ne compte aucune faiblesse, vous devrez donc tout connaître : « La Bohème », « Madame Butterfly », « Manon Lescaut », « La Rondine », « Il Trittico », « La Fanciulla del West », « Turandot » seront des découvertes majeures et vous accompagneront longtemps. Avant et pendant Puccini, l’éclosion du vérisme a produit quelques partitions datées mais éloquentes, dont les meilleurs exemples restent « Paillasse » de Leoncavallo et « Cavalleria rusticana » de Mascagni. « La Wally » de Catalani ou la « Francesca da Rimini » de Riccardo Zandonaï ne doivent pas être négligées.
L’opéra du XXe siècle s’ouvre par trois chefs-d’œuvre : « Pelléas et Mélisande » de Claude Debussy, « Salomé » de Richard Strauss et « Le Château de Barbe-Bleue » de Bela Bartok. Si Debussy et Bartok n’écriront pas d’autres opéras, Richard Strauss produira quelques partitions majeures : « Elektra », « Le Chevalier à la rose », « La Femme sans ombre », « Ariane à Naxos », « Capriccio ». Autre maître absolu de l’opéra, qui se démarque par le sujet de ses livrets du vérisme : Leos Janacek. Sa « Jenufa » est un chef-d’œuvre absolu, mais il faut aussi connaître « Katia Kabanova », « L’Affaire Makropoulos » ou la délicieuse fantaisie sylvestre de « La Petite Renarde rusée ».
Aux Etats-Unis, George Gershwin écrira, pour Broadway mais en pensant clairement au Metropolitan Opera de New York, son « Porgy and Bess », où il saisit la vraie vie des Noirs du Sud, acclimatant leurs idiomes musicaux à son brillant style musical. Stravinsky créera avec son « Rake’s Progress » un univers néoclassique demeuré sans descendance. Ravel, quant à lui, a dévoilé tout un univers onirique dans son « Enfant et les sortilèges » et fait preuve d’une ironie poétique assez irrésistible avec son « Heure espagnole ». Autres sommets de la production lyrique du XXe siècle, les deux opéras de Berg, « Wozzeck » et « Lulu », et le « Peter Grimes » de Benjamin Britten, auteur d’un imposant corpus lyrique où il faut également découvrir « Le Tour d’écrou ».
BARTOK Bela (1881 - 1945)
BELLINI Vincenzo (1801 - 1835)
BIZET Georges (1838 - 1875)
DEBUSSY Claude (1862 - 1918)
DONIZETTI Gaetano (1797 - 1848)
GERSHWIN George (1898 - 1937)
GLUCK Christoph-Willibald von (1714 - 1787)
GOUNOD Charles (1818 - 1893)
HAENDEL Georg Friedrich (1685 - 1759)
MASSENET Jules (1842 - 1912)
MONTEVERDI Claudio (1567 - 1643)
MOZART Wolfgang Amadeus (1756 - 1791)
PUCCINI Giacomo (1858 - 1924)
RAVEL Maurice (1875 - 1937)
ROSSINI Gioacchino (1792 - 1868)
STRAUSS Richard (1864 - 1949)
VERDI Giuseppe (1813 - 1901)
WAGNER Richard (1813 - 1883)
WEBER Carl Maria von (1786 - 1826)
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