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Initiation à la musique classique : découvrir le style Piano Instrumental - Présentation et oeuvres principalesPiano Instrumental -

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Le piano.

Un parcours en forme d'histoire du répertoire de l'instrument-roi.

Le piano.
Le piano.

Même si le piano apparaît tout d’abord sous la forme du pianoforte à la fin du XVIIIe siècle, son répertoire s’est étendu par contagion rétrospective aux œuvres phares écrites par Johann Sebastian Bach pour le clavecin ou le clavicorde : « Le Clavier bien tempéré », les « Partitas », les « Suites anglaises » et les « Suites françaises », le « Concerto italien » ou les « Variations Goldberg » sont revenus au répertoire des pianistes dès le début du XXe siècle et ne l’ont plus quitté. De même, ils ont fait leur les « Sonates » de Scarlatti, ensemble immense et d’une inventivité renversante, dans l’harmonie comme dans les rythmes. Dans une moindre mesure, la « Suite “L’ Harmonieux forgeron ” » de Haendel ou les pièces de clavecin de François Couperin et de Rameau ont elles aussi trouvées une seconde jeunesse grâce au piano moderne.
C’est le classicisme viennois qui voit l’avènement du pianoforte : Mozart et Haydn s’en emparent pour des séries de sonates où l’on peut lire chez le premier une invention préromantique (« Sonate KV 310 », où la très célèbre « Sonate “Marche turque” »), chez le second, une fantaisie débridée qui se souvient des pièces de caractère d’un Carl Philip Emanuel Bach (« Sonates Hob. XVI n° 50 à 62 »). Suivant l’évolution de l’instrument, la précédant même, Beethoven éclate les cadres traditionnels avec ses ultimes sonates : la « Hammerklavier », qui fait référence explicitement au pianoforte est le meilleur exemple de cette écriture visionnaire, mais il faut connaître toutes les sonates de Beethoven comme ses trois cahiers de bagatelles ou ses « Variations Diabelli ».
Schubert plongea le piano viennois au cœur même du romantisme : ses deux cahiers d’« Impromptus », ses trois « Klavierstücke » posthumes montrent comment il détourne un genre mineur de l’époque pour créer une musique de première force, mais c’est dans les sonates, narratives et dramatiques, qu’il parvient au sommet de son art : les trois dernières (« D. 958 », « D. 959 » et « D. 960 ») forment une trilogie qui atteint les mêmes sommets que les trois ultimes sonates de Beethoven.
Robert Schumann utilisera toutes les ressource polyphoniques de l’instrument, infusant toute une littérature romantique qui le pousse à créer des cycles composés de pièces en formes libres et enchaînées : les « Kreisleriana », les « Davidsbündlertänze », les « Etudes symphoniques », le « Carnaval », la « Fantaisie », les « Fantasiestücke », les « Novelettes », les « Scènes d’enfants » et les « Scènes de la forêt » forment le noyau dur de cette œuvre, mais il ne faut pas négliger les trois sonates qui se démarquent nettement du modèle classique pour devenir des narrations musicales visionnaires.
Felix Mendelssohn réalisa avec ses « Romances sans paroles » un camaïeu de pièces évocatrices qui montrent un emploi plus léger et virtuose du clavier. La figure majeure du piano romantique reste pourtant Franz Liszt, virtuose consommé et compositeur visionnaire, qui exploite toutes les richesses de l’instrument dans sa « Sonate en si mineur » comme dans ses grands cycles, partagés entre démonstrations techniques (mais pas seulement) : les « Rhapsodies hongroises » ou les « Etudes d’après Paganini » – “La Campanella” reste la plus célèbre – et prospectives poétiques : « Harmonies poétiques et religieuses », « Années de pèlerinage », « Etudes d’exécution transcendante ».
Frédéric Chopin inaugurera un style résolument différent, forçant la nature lyrique de l’instrument. Ses raffinements de couleurs le poussent à des inventions harmoniques qui marqueront durablement la musique française. Son œuvre se partage entre les ensembles à tonalité nationaliste (« Mazurkas », « Polonaises ») et les cycles le plus souvent visionnaire, de sentiments ou de techniques, que sont les « Ballades », les « Nocturnes », les « Scherzos », les « Préludes » ou les « Etudes », où le compositeur transcende les formes comme dans certaines pièces isolées, « Fantaisie », « Tarentelle », « Berceuse », ou dans les « 2e » et « 3e Sonates ».
Johannes Brahms héritera une partie du rapport au clavier de son mentor, Robert Schumann, créant un univers tour à tour héroïque et poétique : un abîme semble séparer le discours rude des trois « Sonates » ou des « Ballades », de la science polyphonique des grands cahiers de variations, et plus encore de la poésie allusive des derniers cahiers (« Intermezzos op. 117 », « Klavierstücke op. 76, 118, 119 », « Fantasiestücke op. 116 »).
Edvard Grieg laissa une abondante œuvre pianistique, dominée par le cycle poétique et souvent harmoniquement novateur des « Pièces lyriques », sans oublier une belle sonate. En Russie, après les propositions lyriques de Tchaïkovski (Le cycle « Les Saisons » et une « Grande Sonate » en sont les meilleures illustrations), et surtout celle de Moussorgski avec ses fameux « Tableaux d’une exposition », un pianiste considérable, doublé d’un compositeur génial, Serge Rachmaninov, produisit deux sonates majeures, des « Variations sur un thème de Corelli » admirables de poésie, un grand cycle lyrique, les « Préludes », et un autre visionnaire, peut-être son chef-d’œuvre pour piano solo, les « Etudes-Tableaux ».
Janacek transcrivit au clavier ses idiomes si particuliers dans trois opus majeurs : la « Sonate “Z ulice” », le cycle « Dans les brumes » et le deux cahiers de « Sur un sentier herbeux ». Gabriel Fauré fut le premier compositeur français qui hérita de l’art de Chopin : ses sombres « Nocturnes » répondent d’évidence à ceux du compositeur polonais, alors que les « Barcarolles » ou les « Préludes » délivrent un imaginaire sonore sensualiste et heureux. César Franck aura auparavant acclimaté l’orgue au piano avec son fameux « Choral, prélude et fugue », où il met en œuvre ses principes de composition cyclique.
Finalement, le piano du XXe siècle naîtra avec Claude Debussy : ses deux livres de « Préludes » et ses deux cahiers d’« Images », ses « Estampes » ainsi que sa suite « Pour le piano » posent les bases d’un nouvel univers sonore où l’instrument développe tous ses pouvoirs évocateurs. La nature semble s’être immergée dans le noir et blanc d’un clavier pourtant multicolore que les ultimes deux cahiers des « Etudes » feront chatoyer. Isaac Albeniz avait lui aussi annoncé ce temps nouveau avec son cycle « Iberia », alors que son compatriote Enrique Granados écrivit sous l’influence évidente de Chopin trois cycles majeurs : les « Scènes romantiques », les « Danses espagnoles » et les « Goyescas ».
Avec le XXe siècle, le piano revendiqua également sa nature d’instrument « percussif » : les « Trois Mouvements de Petrouchka » d’Igor Stravinsky, les « Sonates “de guerre” » (nos 7, 8 et 9) de Serge Prokofiev, l’« Allegro barbaro » ou la suite « En plein air » de Bartok sont les exemples majeurs de cette tentation qui n’effleura jamais Alexandre Scriabine, dont les « Préludes » ou les « Mazurkas » avouent la filiation avec Chopin mais dont les ultimes « Sonates pour piano » (n° 5 à 10) repoussent les limites de la tonalité. Alban Berg fera de même avec sa « Sonate », et Schoenberg avec ses « Klavierstücke ».
C’est autant à Liszt qu’à Chopin, mais aussi à l’univers des clavecinistes français, que Maurice Ravel pense en écrivant son « Tombeau de Couperin » ou à Schubert pour ses « Valses nobles et sentimentales ». La pureté de trait de son art et son sens des atmosphères se cristallisent dans les « Miroirs » ou dans « Gaspard de la nuit ». L’art de la couleur surprend également dans les œuvres ornithologiques d’Olivier Messiaen : son « Catalogue d’oiseaux » est le meilleur exemple de son art. Bouclant la boucle, Dimitri Chostakovitch a tenté de retrouver l’esprit de Bach en composant un équivalent moderne au « Clavier bien tempéré » avec ses « Vingt-quatre Préludes et fugues ».

Œuvres essentielles :

ALBENIZ Isaac (1860 - 1909)


BACH Johann Sebastian (1685 - 1750)


BEETHOVEN Ludwig van (1770 - 1827)


BRAHMS Johannes (1833 - 1897)


CHOPIN Frédéric (1810 - 1849)


DEBUSSY Claude (1862 - 1918)


FRANCK César (1822 - 1890)


GRANADOS Enrique (1867 - 1916)


GRIEG Edvard (1843 - 1907)


JANACEK Leos (1854 - 1928)


LISZT Franz (1811 - 1886)


MOUSSORGSKI Modeste (1839 - 1881)


MOZART Wolfgang Amadeus (1756 - 1791)


PROKOFIEV Serge (1891 - 1953)


RACHMANINOV Serge (1873 - 1943)


RAVEL Maurice (1875 - 1937)


SCARLATTI Domenico (1685 - 1757)


SCHUBERT Franz (1797 - 1828)


SCHUMANN Robert (1810 - 1856)


SCRIABINE Alexandre (1872 - 1915)


STRAVINSKY Igor (1882 - 1971)


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