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Initiation à la musique classique : découvrir le style Postromantique - Présentation et oeuvres principalesPostromantique -

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La musique postromantique.

De Bruckner à Richard Strauss, l'explosion des formes et de l'orchestre.

La musique postromantique.
La musique postromantique.

Le postromantisme est une notion fuyante : ce point d’articulation entre les XIXe et XXe siècles est avant tout illustré dans la sphère germanique, et là où il a connu une influence certaine, en Italie, et plus bizarrement encore en Angleterre. Anton Bruckner pourrait passer à première vue pour un romantique absolu : sa « 4e Symphonie » ne porte-t-elle pas le sous-titre explicite de « Romantique » ? Mais la propension de l’auteur au gigantisme de la forme, son goût pour une harmonie de plus en plus chromatique héritée de Wagner le placent bien dans les arcanes du postromantisme : les trois dernières symphonies (« 7e », « 8e » et « 9e ») en sont de parfaits exemples.
Gustav Mahler sera, avec ses dix symphonies, ses cycles de mélodies (« Klagende Lied », « Kindertotenlieder », « Lieder eines fahrenden Gesellen », « Rückert Lieder », « Le Chant de la terre »), le parangon absolu du postromantisme, élargissant la forme symphonique comme les dimensions de l’orchestre au-delà des limites imaginées : sa « 8e Symphonie », qui requiert quasiment mille exécutants, en est l’exemple majeur, appuyé sur la scène finale du second « Faust » de Goethe, cette œuvre prise comme manifeste par les romantiques, justement.
Mais Mahler est également porteur d’une modernité implacable : la « 5e Symphonie », la « 7e », la « 9e », toute la « 10e » (inachevée mais très bien complétée et réalisée par Cooke), « Le Chant de la terre » annoncent la musique de la Seconde Ecole de Vienne. Les membres de cette école ont eux-mêmes abondamment nourri le mouvement postromantique : Schoenberg avec son « Pelléas et Mélisande » et ses « Gurrelieder », Berg avec son « Concerto à la mémoire d’un ange », Webern avec son « Sommerwind ». On trouve les mêmes ambivalences dans une grande part de l’œuvre de Richard Strauss, pourtant crédité d’avoir écrit, avec « Salomé » puis « Elektra », deux manifestes de la nouvelle musique. Mais ses poèmes symphoniques « Mort et Transfiguration » ou « Ainsi parlait Zarathoustra », ses opéras « Guntram » et « Feuersnot », appartiennent indubitablement au postromantisme, auquel il donnera d’ailleurs le dernier mot avec son ultime opus, les « Quatre derniers Lieder » (1948).
Au fond, dans la sphère germanique et après Mahler, seuls Franz Schreker, Otmar Schoeck, Alexander von Zemlinsky et, dans une moindre mesure (son œuvre est plus faible), Josef Marx sont demeurés dans l’esthétique postromantique. Une assertion qu’il faut nuancer s’agissant de Zemlinsky : sa « Symphonie lyrique » (1923), réponse splendide au « Château de Barbe-Bleue » de Bartok et au « Chant de la terre » de Mahler, est un chef-d’œuvre absolu du genre, une partition de première grandeur, capturant tout l’Orient des poèmes de Tagore sans jamais tomber dans un effet « couleur locale ». Chez Zemlinsky, le « 1er Quatuor », déduit de Brahms, ou les opéras « Der Traümgorge » et « Une tragédie florentine » sont nettement des œuvres postromantiques, alors que « Le Cercle de craie » ou « Le Roi Candaule » participent de plain-pied à la nouvelle musique.
On trouve la même dichotomie chez le Suisse Othmar Schoeck, dont les vastes cycles de Lieder – « Notturno », « Das stille Leuchten », « Lebendig Begraben », « Unter Sternen » – sont les enfants tardifs et accomplis du romantisme noir allemand, mais dont l’opéra « Penthesilea » se révèle une partition aussi moderniste et percutante que son exact contemporain, le « Wozzeck » de Berg.
Franz Schreker n’a pas connu ce genre de dilemme : tous ses opéras – somptueusement orchestrés et faisant appel à une écriture vocale qui doit autant au souvenir de Wagner qu’à un certains vérisme italien – évoluent entre postromantisme et atmosphère décadente. Pourtant, sa « Symphonie de chambre » ne déparerait pas celles de Schoenberg.
En Italie, après la grande période vériste, quelques compositeurs essayèrent d’acclimater le public italien au postromantisme : Riccardo Zandonai y est parvenu avec sa « Francesca da Rimini », Cilea avec son « Adrienne Lecouvreur » et Puccini a flirté avec cette esthétique plus d’une fois : sa « Manon Lescaut », sa « Madame Butterfly », son ultime opus, « Turandot », en sont les meilleurs exemples. Aux confins du symbolisme et du décadentisme, Respighi a écrit une œuvre multiple : ses opéras – il faut connaître la splendide « Campana sommersa » – ont quitté le répertoire, mais on redécouvre ses sensuelles cantates pour mezzo-soprano et orchestre, notamment « Il Tramonto » et surtout « La Sensitiva » (d’après Shelley), alors que la Trilogie romaine, avec son orchestre multicolore, n’a jamais quitté le concert (« Les Pins de Rome », « Les Fontaines de Rome », « Fêtes romaines »).
En Angleterre, le postromantisme inaugure avec les deux symphonies d’Edward Elgar, ou avec ses « Variations Enigma », sans oublier le cycle de mélodies marines « Sea Pictures », une longue tradition de symphonistes tous plus remarquables les uns que les autres : Bax, Moeran,Vaughan Williams (qui composa un superbe poème symphonique avec violon solo, « The Lark ascending »), Walton et bien d’autres ont laissé des œuvres inspirées qui ont porté le postromantisme chronologiquement plus loin encore dans le XXe siècle que ne l’avait fait Richard Strauss.

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