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La symphonie naît vraiment avec le classicisme, précédée par l’Ecole de Mannheim illustrée par les Stamitz. Johann Christian Bach sera l’auteur de symphonies raffinées, expressives. Il produira notamment trois séries (« Opus 3, 6 et 9 ») qui contiennent quelques perles et porta à son acmé le genre de la symphonie concertante, illustrée en France par Pleyel avec tout autant de succès. Mais les vrais initiateurs du genre restent Haydn et Mozart.
L’ensemble considérable laissé par Haydn est comme une histoire de la symphonie classique, des opus « Sturm un Drang » (commencez par la « Funèbre » (n° 44), « Les Adieux » (n° 45), « La Passion » (n° 49) ou « Le Feu » (n° 59), aux grandes « Symphonies londoniennes » qui anticipent Beethoven (n° 93 à 104), en passant par l’invention débridée des « Symphonies parisiennes » (n° 82 à 87). Ecoutez aussi les « 88e » et « 99e ». On perçoit moins chez Mozart une évolution aussi drastique : l’ensemble des quarante et une symphonies est plus homogène, même si à compter de la « Symphonie n° 35 “Haffner” », toutes atteignent par leur équilibre à une forme de génie. Vous devez au moins connaître après la « Haffner », les « 36e “Linz” », « 38e “Prague” », et les trois dernières (n° 39 à 41), dont l’ultime, la « Jupiter », reste l’emblème absolu d’un classicisme résolument tourné vers l’avenir.
Beethoven agrandira la forme laissée par Haydn et Mozart dès sa « 3e Symphonie “Héroïque” », y introduira une préoccupation illustrative (la « 6e “Pastorale” ») héritée clairement de Haydn, cherchera et trouvera la perfection formelle avec la « 5e » et surtout la « 7e », avant d’ouvrir la voie à la symphonie chorale avec la « 9e Symphonie ».
Schubert restera classique dans ses trois premières symphonies, cherchera dans la « 4e » une dimension tragique, puis des épures pastorales dans les « 5e » et « 6e » avant de larguer les amarres pour les fabuleux voyages musicaux que seront les « 8e » et « 9e Symphonies ».
Robert Schumann pliera son orchestre à sa fantaisie, donnant à entendre une poétique différente : sa « 1re Symphonie “Le Printemps” » et sa « 4e », incroyable course à l’abîme, sont les plus célèbres, mais la « 2e » est probablement la plus aboutie.
Mendelssohn commencera son cycle par deux grandes symphonies chorales qui font le pont avec ses oratorios, pour s’orienter vers des symphonies descriptives – l’« Ecossaise » puis l’« Italienne » – capturant le parfum des paysages que traversa ce grand voyageur. Les neuf symphonies de Bruckner déduisent leur orchestre de l’orgue, et forment un massif remarquable de cohérence. Ecoutez, dans l’ordre, la « 4e », puis la « 2e », la « 6e », et les « Symphonies n° 7 » à « 9 ». On lui opposa souvent Brahms et ses quatre symphonies contrastées : après la puissance aux accents très nordiques de la « 1re », succèdent les gestes plus lyriques des « 2e » et « 3e », avant que la « 4e », où tout le génie de Brahms éclate, ne fasse la synthèse de ces contraires.
Tchaïkovski apporta sa touche en proposant six symphonies narratives, au propos clairement dramatique : les trois dernières, dominées par la « Pathétique » forment un ensemble, mais il faut aussi connaître la poétique « 1re “Rêves d’hiver” ». Dvorak composa neuf symphonies, toutes gorgées de thèmes populaires tchèques, admirables d’orchestre : il faut connaître les quatre dernières dont l’ultime, la fameuse « Symphonie du Nouveau Monde ».
En France, César Franck instaura un modèle avec sa « Symphonie en ré mineur », basée sur un procédé cyclique qui fera les beaux jours de toute l’école française (« 3e Symphonie » de Saint-Saëns, la « Symphonie » de Chausson, celle de Dukas) mais à laquelle échappa la subtile « Symphonie en ut » de Bizet, et pour cause : elle fut écrite par le jeune homme bien avant que celle de Franck n’ait montré le bout de son nez.
Ce fut Gustav Mahler qui reprit à son compte l’héritage beethovénien avec ses vastes symphonies chorales (nos 2, 3, 8), mais il a pourtant atteint au sommet de son art dans la trilogie des symphonies médianes (nos 5, 6 et 7) où les limites de l’orchestre sont repoussées. Mahler résumera tout le postromantisme viennois dans sa sombre « 9e » et dans la « 10e », partition futuriste qui ne laisse pas d’étonner. Il faut également connaître sa « Pastorale », la sublime « 4e », avec un soprano pour le finale.
Après Mahler, la symphonie ne fut plus vraiment possible pour les membres de la Seconde Ecole de Vienne, mais ce furent les compositeurs anglais et nordiques qui reprirent le flambeau : Elgar fonda avec ses deux symphonies un règne fécond dont Vaughan Williams, avec ses neuf symphonies, sera le meilleur représentant : commencez par la vaste partition chorale « Sea Symphony », puis continuez par les « 4e », « 5e » et « 8e ». Il faut aussi connaître la « 1re Symphonie » de William Walton. Sibelius réforma le genre avec sa symphonie « Kullervo », vaste partition épique avec voix solistes et chœur, avant de décliner en sept opus un univers orchestral qui n’en finit pas de fasciner. Ecoutez surtout les « 4e », « 5e », « 6e » et « 7e ». Dans son ombre, le Danois Carl Nielsen a lui aussi proposé un cycle au langage granitique qui ne se confond avec aucun autre. Parmi ses six symphonies, il faut en tout cas connaître la « 5e ». Après Tchaïkovski, Scriabine composa trois opus postwagnériens, agrémentés d’un orchestre énorme et dont l’effet est certain : commencez par la « 3e » et poursuivez par la « 1re » (avec voix solos et chœur dans le finale), puis la « 2e ». Rachmaninov a écrit un véritable chef-d’œuvre avec sa « 2e Symphonie », lyrique, éperdue, bouleversante, mais il faut aussi connaître la complexe « 3e ». Enfin Chostakovitch, en quinze opus, a livré un véritable journal de bord de la vie en URSS : commencez par les « 5e », « 7e » et « 10e », poursuivez par les « 4e », « 6e », « 8e » et « 9e », terminez votre périple par deux chefs-d’œuvre faisant appel à la voix : la « 13e », consacrée aux horreurs de Babi Yar, puis la « 14e » sur des poèmes en russe, en allemand, en anglais et en espagnol, véritable requiem masqué.
BEETHOVEN Ludwig van (1770 - 1827)
BIZET Georges (1838 - 1875)
BRAHMS Johannes (1833 - 1897)
BRUCKNER Anton (1824 - 1896)
CHOSTAKOVITCH Dimitri (1906 - 1975)
DUKAS Paul (1865 - 1935)
DVORAK Antonin (1841 - 1904)
FRANCK César (1822 - 1890)
HAYDN Franz Joseph (1732 - 1809)
MAHLER Gustav (1860 - 1911)
MENDELSSOHN-BARTHOLDY Félix (1809 - 1847)
MOZART Wolfgang Amadeus (1756 - 1791)
RACHMANINOV Serge (1873 - 1943)
SAINT-SAENS Camille (1835 - 1921)
SCHUBERT Franz (1797 - 1828)
SCHUMANN Robert (1810 - 1856)
SIBELIUS Jean (1865 - 1957)
TCHAÏKOVSKI Piotr Ilyitch (1840 - 1893)
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